Vous achetez à deux, sans être mariés, sans passer par une SCI — c’est l’indivision. C’est le régime qui s’applique automatiquement à tous les co-acheteurs dès lors qu’aucune autre structure n’est choisie. En France, des millions de couples non mariés, de frères et sœurs ou d’amis sont propriétaires en indivision sans le savoir vraiment.
Le problème : l’indivision est un régime fragile par nature. Elle fonctionne bien tant que tout le monde s’entend. Mais en cas de séparation, de décès ou de désaccord sur la vente, elle peut devenir un piège coûteux et long à dénouer. Ce guide vous explique exactement comment ça marche, ce que vous risquez, et quand envisager une alternative.
Dans cet article, vous allez découvrir
- Ce qu’est l’indivision et comment elle se met en place
- Comment fixer les quote-parts entre co-acheteurs
- Les droits et obligations de chaque indivisaire
- Ce qui se passe en cas de séparation ou décès
- Comment sortir de l’indivision proprement
- Indivision vs SCI : le comparatif complet
Sommaire
- Qu’est-ce que l’indivision immobilière ?
- Les quote-parts : comment les fixer et pourquoi c’est crucial
- Droits et obligations des indivisaires
- Financer un achat en indivision : le prêt immobilier
- Séparation, décès : ce qui se passe vraiment
- Comment sortir de l’indivision
- Indivision vs SCI : comparatif complet
- Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’indivision immobilière ?
L’indivision est une situation juridique dans laquelle plusieurs personnes sont propriétaires ensemble d’un même bien, sans que leurs parts respectives soient physiquement délimitées. Chaque indivisaire possède une quote-part abstraite de l’ensemble du bien — pas « la chambre du fond » ou « l’étage », mais un pourcentage de la totalité.
Elle naît automatiquement dans plusieurs situations :
- Deux personnes achètent un bien ensemble sans créer de société (SCI)
- Plusieurs héritiers reçoivent un bien immobilier lors d’une succession
- Un couple marié sous le régime de la séparation de biens acquiert un bien conjointement
L’indivision conventionnelle : sécuriser la situation dès l’achat
Il est possible — et fortement recommandé — de rédiger une convention d’indivision chez le notaire au moment de l’achat. Ce document fixe les règles de fonctionnement entre co-propriétaires : modalités de gestion, droit de préemption en cas de cession, durée, conditions de sortie. Sans convention, c’est le régime légal qui s’applique — avec toutes ses rigidités.
Les quote-parts : comment les fixer et pourquoi c’est crucial
La quote-part représente la fraction de propriété de chaque indivisaire sur le bien. Elle est exprimée en pourcentage ou en fraction (50/50, 60/40, 70/30…). C’est l’un des éléments les plus importants à définir dès l’achat, car elle détermine :
- La part des charges supportée par chacun (taxe foncière, charges de copropriété, travaux)
- La part du produit de vente perçue par chacun
- La base de calcul des droits de succession en cas de décès
- La répartition des plus-values lors de la revente
Comment fixer les quote-parts ?
En pratique, les quote-parts sont fixées proportionnellement à l’apport de chacun dans le financement du bien. Elles doivent être mentionnées dans l’acte authentique signé chez le notaire.
| Situation | Apport acheteur A | Apport acheteur B | Quote-parts recommandées |
|---|---|---|---|
| Financement strictement égal | 50 % | 50 % | 50 / 50 |
| A apporte 30 000 €, B apporte 10 000 € | 75 % | 25 % | 75 / 25 |
| A finance seul l’apport, mensualités communes | Apport + 50 % crédit | 50 % crédit | Calcul au prorata total |
| A reçoit une donation, B n’apporte rien | Donation + crédit partagé | Crédit partagé uniquement | Calcul notarié obligatoire |
Achetez à deux ? Un crédit complémentaire peut aider
Si vous avez besoin d’un crédit personnel en complément de votre prêt principal pour finaliser votre achat à deux, Yelloan propose une simulation rapide et sans engagement.
Simuler mon crédit avec Yelloan →Lien affilié · Service gratuit pour l’emprunteur · Sans engagement
Droits et obligations des indivisaires
Ce que vous pouvez faire seul
Chaque indivisaire peut, sans l’accord des autres :
- Céder sa quote-part à un tiers (sous réserve du droit de préemption des autres indivisaires)
- Effectuer des actes conservatoires (réparations urgentes, paiement des charges)
- Utiliser le bien, à condition de ne pas en priver les autres indivisaires
Ce qui nécessite l’accord des deux tiers
Depuis la loi de 2006, certaines décisions peuvent être prises à la majorité des deux tiers des droits indivis (et non plus à l’unanimité) :
- Les actes d’administration courante (contrat de bail, travaux d’entretien importants)
- La désignation d’un gérant de l’indivision
- La vente de meubles indivis pour payer les dettes de l’indivision
Ce qui nécessite l’unanimité
Certaines décisions restent soumises à l’accord de tous les indivisaires, sans exception :
- La vente du bien immobilier
- La réalisation de travaux importants modifiant le bien
- La conclusion d’un bail d’habitation
- La modification de la convention d’indivision
Financer un achat en indivision : le prêt immobilier
Sur le plan bancaire, un achat en indivision se finance comme n’importe quel achat à deux. Les co-emprunteurs sont solidairement responsables de la totalité de la dette — ce qui signifie que si l’un cesse de payer, la banque peut réclamer la totalité des mensualités à l’autre.
Principe légal applicable à tous les co-emprunteurs.
Ce que la banque vérifie pour un dossier en indivision
- Les revenus et charges de chaque co-emprunteur séparément
- Le taux d’endettement global du foyer (maximum 35 % des revenus nets, assurance comprise)
- La cohérence des quote-parts avec l’apport de chacun
- L’existence ou non d’une convention d’indivision (rassurante pour la banque)
Séparation, décès : ce qui se passe vraiment
En cas de séparation d’un couple non marié
La rupture est le scénario le plus fréquent et le plus conflictuel. Juridiquement, la séparation ne met pas fin à l’indivision — les deux ex-partenaires restent co-propriétaires jusqu’à ce que le bien soit vendu ou que l’un rachète la part de l’autre.
Accord amiable : vente ou rachat de soulte
La solution la plus rapide. Soit les deux parties vendent le bien et partagent le produit selon les quote-parts. Soit l’un rachète la part de l’autre (rachat de soulte) — ce qui nécessite un nouveau financement bancaire.
Désaccord : procédure de licitation
Si l’accord est impossible, l’un des indivisaires peut saisir le tribunal judiciaire pour demander le partage judiciaire. Le juge ordonne alors la vente aux enchères du bien (licitation). La procédure peut durer 1 à 3 ans.
Partage des fonds
Le produit de la vente est distribué selon les quote-parts inscrites dans l’acte de propriété, après remboursement du solde du prêt immobilier et des frais de procédure.
En cas de décès d’un indivisaire
À son décès, la quote-part du défunt entre dans sa succession et est transmise à ses héritiers. Concrètement, cela signifie que le conjoint survivant peut se retrouver en indivision avec les enfants du défunt — issus d’une autre union ou non — ou avec ses beaux-parents.
Comment sortir de l’indivision
La loi française consacre le principe que « nul ne peut être contraint de demeurer dans l’indivision » (article 815 du Code civil). Il existe plusieurs voies de sortie selon la situation.
| Modalité de sortie | Conditions | Coût | Délai |
|---|---|---|---|
| Vente amiable | Accord de tous les indivisaires | Frais agence + notaire | Rapide |
| Rachat de soulte | Accord + nouveau financement | Droits de partage 2,5 % + notaire | Rapide |
| Cession de quote-part | Droit de préemption des co-indivisaires | Droits de mutation + notaire | Moyen |
| Partage judiciaire | Désaccord persistant — saisine tribunal | Frais d’avocat + justice + vente aux enchères | Long (1–3 ans) |
| Transformation en SCI | Accord unanime + acte notarié | Frais de constitution SCI | Rapide |
Le rachat de soulte : comment ça fonctionne
Le rachat de soulte est l’opération par laquelle l’un des indivisaires rachète la part des autres pour devenir seul propriétaire. La soulte est calculée sur la valeur vénale actuelle du bien, moins le solde de prêt restant dû, le tout multiplié par la quote-part rachetée.
Rachat de soulte ou nouveau projet ? Un crédit personnel si besoin
Que vous repreniez un bien seul ou que vous repartiez de zéro, Yelloan propose une simulation de crédit personnel rapide, sans justificatif de projet.
Simuler mon crédit avec Yelloan →Lien affilié · Service gratuit pour l’emprunteur · Sans engagement
Indivision vs SCI : le comparatif complet
La SCI (Société Civile Immobilière) est souvent présentée comme l’alternative « sérieuse » à l’indivision. Voici ce qui les distingue réellement.
| Critère | Indivision | SCI |
|---|---|---|
| Mise en place | Automatique à l’achat | Création notariale requise |
| Coût de constitution | Nul (hors convention) | 1 500 € à 3 000 € |
| Gestion courante | Règle des 2/3 ou unanimité | Gérant désigné, plus souple |
| Transmission | Quote-part entre dans la succession | Parts sociales transmissibles, donation facilitée |
| Protection du conjoint | Faible | Meilleure (statuts) |
| Sortie forcée | Possible (nul ne reste en indivision) | Encadrée par les statuts |
| Fiscalité revenus locatifs | IR (revenus fonciers) | IR (par défaut) ou IS (option) |
| Crédibilité bancaire | Neutre | Légèrement meilleure |
| Convient pour | Résidence principale, achat simple | Patrimoine, location, transmission |
Aller plus loin sur PrimoAcheteur.fr
- SCI familiale 2026 : création, fonctionnement et avantages pour l’achat immobilier
- Apport personnel immobilier 2026 : combien faut-il vraiment ?
- Donation familiale pour achat immobilier : abattements et déclaration
- Capacité d’emprunt 2026 : combien pouvez-vous emprunter ?
- Compromis de vente 2026 : ce qu’il faut savoir avant de signer
- Frais de notaire 2026 : combien ça coûte et comment payer moins ?
- Top 5 courtiers crédit immobilier 2026 : comparatif + frais
- Prêt immobilier 2026 : tout ce qu’il faut savoir pour emprunter
- Les étapes de l’achat immobilier en 2026 : guide complet primo-accédant