Checklist visite appartement ou maison : les 50 points à vérifier avant d’acheter







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Vous avez enfin trouvé un bien qui vous plaît. La cuisine est grande, la lumière est belle, le quartier semble calme. Mais dans l’euphorie d’une visite, il est facile de passer à côté de l’essentiel : une toiture à refaire, une installation électrique aux normes des années 70, une copropriété au bord du gouffre. Ces problèmes invisibles à l’œil nu peuvent coûter des dizaines de milliers d’euros. Cette checklist complète vous donne les 50 points à inspecter lors de chaque visite — organisés par catégorie, avec les red flags à connaître absolument et les questions à poser.

Dans cet article, vous allez découvrir

  • La checklist complète en 50 points par catégorie
  • Les red flags qui doivent vous alerter immédiatement
  • Les questions à poser obligatoirement à l’agent ou au vendeur
  • Les documents à demander avant de faire une offre
  • Les différences entre une visite appartement et maison
  • Les conseils pour une 2e visite décisive

Avant la visite : ce qu’il faut préparer

Une bonne visite se prépare. Ne débarquez pas les mains dans les poches — venez avec vos outils et la bonne attitude.

Ce qu’il faut emporter
Un téléphone chargé (photos, mesures), une lampe torche (caves, combles, sous-meubles), un chargeur ou testeur de prises électriques, un mètre ruban, une bouteille d’eau (pour tester les évacuations), cette checklist. Prévoyez 1h minimum pour un appartement, 1h30 pour une maison.

Si possible, visitez le bien deux fois : une première à la lumière du jour pour voir l’état général, une deuxième en soirée ou par temps de pluie pour voir le quartier et détecter d’éventuels problèmes d’étanchéité ou de bruit. La deuxième visite est souvent celle où on détecte ce qu’on a raté la première fois.

Astuce timing
Évitez les visites en milieu de journée un week-end ensoleillé : tout paraît beau. Préférez un jour de semaine, en fin d’après-midi, pour évaluer le bruit des voisins, la circulation, l’ensoleillement réel.

Extérieur et parties communes

🏛️ Façade et structure extérieure

  • Façade : fissures horizontales, verticales ou en escalier ? Les fissures horizontales sur un mur porteur sont un signal sérieux.
  • Toiture (si visible) : tuiles manquantes ou cassées, état du faîtage, mousse abondante, gouttières décrochées. Red flag
  • Ravalement : a-t-il été fait récemment ? Des travaux de ravalement votés en copropriété représentent souvent plusieurs milliers d’euros par lot.
  • Environnement immédiat : proximité d’une route bruyante, d’une voie ferrée, d’une zone industrielle ? Visitez en heure de pointe.
  • Accès et stationnement : place de parking incluse ? Accès aux transports, commerces, écoles ?

🏢 Parties communes (appartement)

  • Hall et couloirs : état général de propreté, boîtes aux lettres en ordre, interphone fonctionnel.
  • Ascenseur : présent ? En état de marche ? Récemment révisé ? Un ascenseur vétuste peut représenter 15 000 à 30 000 € de travaux de mise en conformité.
  • Escaliers : état de la rampe, revêtement, éclairage. Des escaliers en mauvais état indiquent souvent une copropriété peu entretenue.
  • Cave et parking : sécurisés, état du sol, humidité visible ?

Intérieur : l’inspection pièce par pièce

🚪 Entrée et couloir

  • Porte d’entrée : fermeture correcte, serrure de qualité, joint d’isolation phonique et thermique en bon état.
  • Isolation phonique : entendez-vous les voisins ? Les bruits de pas du dessus ? Testez en silence, fenêtres fermées.
  • Hauteur sous plafond : en dessous de 2,50 m, l’espace semble vite oppressant.

🛋️ Séjour et chambres

  • Exposition et luminosité : orientation (sud/ouest = plus lumineux), vis-à-vis avec les voisins, vue sur cour ou rue ?
  • Fenêtres : double vitrage ? Fermeture hermétique ? Condensation entre les vitres = vitrage à remplacer. À vérifier
  • Murs et plafonds : traces d’humidité (auréoles jaunes ou brunes), peinture au plafond qui boursoufle, moisissures dans les angles.
  • Sols : parquet qui grince ou qui « donne » sous les pieds ? Carrelage fissuré ou décollé ? Revêtement à refaire ?
  • Placards : odeur de moisissure à l’intérieur ? Un placard contre un mur extérieur est un point de condensation fréquent.

🍳 Cuisine

  • Équipements inclus : liste précise de ce qui reste (électroménager, hotte, four, plaques) — à faire confirmer par écrit dans le compromis.
  • Ventilation : hotte raccordée ou recirculante ? VMC présente et fonctionnelle ?
  • Plomberie cuisine : testez l’eau chaude et froide, regardez sous l’évier (traces de fuite, état des joints).
  • Prise de terre : cuisine avec prise de terre obligatoire pour les équipements électriques. Vérifiez avec un testeur de prises.

🚿 Salle de bains et WC

  • Joints : joints de baignoire ou de douche noircis, décollés ou inexistants = infiltrations dans la structure. Red flag
  • Débit et pression : ouvrez les robinets — bonne pression ? Temps d’attente avant eau chaude acceptable ?
  • Évacuations : éviers et douche évacuent correctement ? Versez un peu d’eau, observez la vitesse d’écoulement.
  • Carrelage et étanchéité : carrelage décollé autour de la douche = risque d’infiltration structurelle importante.
  • Ventilation : présence d’une VMC ou d’une fenêtre ? Une salle de bains sans ventilation produit de l’humidité chronique.

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Points techniques : électricité, plomberie, chauffage

C’est souvent là que se cachent les travaux les plus coûteux. Ne passez pas à côté.

Installation électrique

  • Tableau électrique : disjoncteurs ou anciens fusibles ? Un tableau à fusibles = installation à refaire. Red flag
  • Mise à la terre : demandez si l’installation est mise à la terre — obligatoire pour la sécurité électrique moderne.
  • Nombre de prises et circuits : suffisants pour votre usage ? Présence de multiprises partout = réseau insuffisant.
  • Diagnostic électrique : si le bien a plus de 15 ans, le diagnostic électrique doit figurer dans le DDT (dossier de diagnostics techniques). Lisez-le attentivement.

🔧 Plomberie et eau

  • Type de tuyauterie : plomb (avant 1950), galvanisé, cuivre ou PER ? Les canalisations en plomb doivent obligatoirement être remplacées.
  • Chauffe-eau : âge, capacité, type (électrique, gaz, thermodynamique). Un chauffe-eau de plus de 10 ans est à surveiller.
  • Compteur d’eau : localisez-le. Vérifiez qu’il n’y a pas de fuite en regardant si le compteur tourne à robinets fermés.

🌡️ Chauffage et isolation

  • Type de chauffage : individuel (gaz, électrique, pompe à chaleur) ou collectif ? Le chauffage collectif impacte vos charges mensuelles de copropriété.
  • Chaudière : âge et marque. Une chaudière de plus de 15 ans est souvent à remplacer (2 000 à 5 000 €).
  • Radiateurs : tous fonctionnels ? Aucun qui ne chauffe pas ? Purge récente ?
  • Isolation des combles et murs : demandez si une isolation a été réalisée. L’absence d’isolation peut représenter 30 à 40 % de perte énergétique.
  • Double vitrage : présent dans toutes les pièces ? Date de pose ? Des fenêtres simple vitrage en zone froide = factures élevées. À vérifier

DPE et performance énergétique : lisez-le avant tout

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) vous dit combien le logement consomme en énergie et ce qu’il émet en CO2. Depuis 2021, il est opposable — le vendeur est responsable si le DPE s’avère inexact.

Classe DPE Consommation (kWh/m²/an) Impact sur l’achat
A / B < 110 Excellent
C 111–180 Bon
D 181–250 Correct
E 251–330 Travaux à prévoir
F / G > 330 Passoire thermique
Attention — Passoires thermiques
Un logement classé F ou G est une « passoire thermique ». Il sera interdit à la location dès 2025 (G) et 2028 (F). Si vous achetez pour louer, c’est un problème majeur. Si vous achetez pour y vivre, prévoyez 15 000 à 50 000 € de travaux de rénovation énergétique. Le DPE F/G peut être un levier de négociation — mais il faut avoir les épaules pour porter ces travaux.

Copropriété : les 5 documents à éplucher

Si vous achetez un appartement, la copropriété est votre futur « bailleur collectif ». Une copropriété mal gérée peut vous coûter des milliers d’euros en appels de fonds exceptionnels. Voici ce qu’il faut vérifier absolument.

📋 Documents à demander et analyser

  • PV des 3 dernières AG : quels travaux ont été votés ? Des ravalement, toiture ou ascenseur votés = appels de fonds à venir. Red flag si travaux lourds
  • Charges de copropriété mensuelles : montant exact. Comparez avec des biens similaires dans le même quartier.
  • Fonds de travaux (loi Alur) : la copropriété a-t-elle un fonds de prévoyance ? Montant suffisant ? Un fonds vide signifie que les travaux futurs seront financés par des appels spéciaux.
  • Impayés de charges : le carnet de santé financière de la copropriété. Des impayés importants = mauvaise gestion ou copropriétaires en difficulté.
  • Règlement de copropriété : restrictions particulières (animaux, location Airbnb, travaux autorisés) ?

Les red flags qui doivent vous stopper

🚨 Ces signaux doivent vous faire (au minimum) renégocier le prix

  • Fissures structurelles sur les murs porteurs ou la façade (horizontales, en escalier)
  • Traces d’infiltration d’eau au plafond ou aux angles — même anciennes et « réparées »
  • Odeur de moisissures persistante, notamment dans les placards et sous-sols
  • Tableau électrique à fusibles ou installation au plomb — mise aux normes obligatoire (5 000 à 15 000 €)
  • DPE F ou G sans plan de rénovation clair et chiffré
  • Travaux lourds votés en AG non encore appelés (le vendeur paie sa quote-part, mais vérifiez les détails dans le compromis)
  • Copropriété en procédure judiciaire ou avec plus de 30 % d’impayés
  • Toiture à refaire visible depuis la rue ou confirmée par le vendeur
  • Bruits de voisinage insupportables : vérifiez à différentes heures, notamment le soir
  • Vendeur très pressé sans raison claire : cherchez ce qu’il veut cacher

Les questions à poser impérativement

❓ Ce qu’il faut absolument demander au vendeur ou à l’agent

  • Pourquoi vendez-vous ce bien ? (divorce, mutation, problème de voisinage ?)
  • Depuis combien de temps le bien est-il sur le marché ? Pourquoi ?
  • Y a-t-il eu des sinistres (dégâts des eaux, incendie) déclarés en assurance ces 5 dernières années ?
  • Quels travaux ont été réalisés et quand ? Des factures et garanties sont-elles disponibles ?
  • Quels travaux reste-t-il à faire selon vous ?
  • Quel est le montant exact des charges de copropriété et que couvrent-elles ?
  • Y a-t-il des procédures judiciaires en cours dans la copropriété ?
  • Quels équipements sont inclus dans la vente (liste exhaustive) ?
  • Quel est le montant de la taxe foncière ?
  • Y a-t-il des nuisances connues (bruit de voisinage, odeur, problèmes récurrents) ?

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Les documents à demander avant de faire une offre

Avant de signer quoi que ce soit, ces documents doivent être en votre possession ou a minima consultables :

Document Pour quoi Obligatoire ?
Dossier de diagnostics techniques (DDT) DPE, amiante, plomb, électricité, gaz, termites Oui
PV des 3 dernières AG de copropriété Travaux votés, litiges, appels de fonds Oui (copro)
Carnet d’entretien de la copropriété Historique des travaux collectifs Oui (copro)
Règlement de copropriété et état descriptif Règles de vie, tantièmes, restrictions Oui (copro)
Avis de taxe foncière Estimation de la charge annuelle Recommandé
Factures de travaux récents Garanties décennales, conformité Recommandé
Derniers relevés de charges Montant réel des charges mensuelles Recommandé
Bon à savoir
Vous n’avez pas à attendre la signature du compromis pour consulter ces documents. Un vendeur ou agent sérieux doit pouvoir vous les communiquer avant que vous fassiez une offre. S’ils rechignent à vous les remettre, posez-vous des questions.

Questions fréquentes sur la visite immobilière

Combien de visites faut-il faire avant de faire une offre ?
Deux visites minimum sont fortement recommandées. La première permet de valider l’intérêt général pour le bien. La deuxième, idéalement à un moment différent (heure, météo, jour de la semaine), sert à approfondir les points techniques, poser les questions importantes et confirmer votre impression. Pour une maison individuelle ou un bien à fort enjeu financier, une troisième visite avec un professionnel du bâtiment est un investissement souvent rentable.
Puis-je venir avec un expert lors d’une visite ?
Oui, absolument. Vous pouvez demander à venir accompagné d’un architecte, d’un maître d’œuvre, d’un diagnostiqueur ou d’un ami artisan du bâtiment. Il n’y a aucune obligation légale d’interdire cela. Si le vendeur refuse qu’un expert vous accompagne, c’est un signal d’alarme. Le coût d’une visite expert se situe généralement entre 150 et 400 € selon le professionnel.
Que faire si je découvre un défaut caché après l’achat ?
Le vendeur est tenu par la garantie des vices cachés : tout défaut non apparent lors de la visite, qui existait avant la vente et qui rend le bien impropre à l’usage, peut donner lieu à une action en justice. Vous disposez de 2 ans à partir de la découverte du vice pour agir. Pour vous couvrir, conservez les diagnostics et tous les documents reçus du vendeur. Une clause de non-recours peut être négociée à la baisse mais implique de signer en connaissance de cause.
Les diagnostics immobiliers sont-ils toujours fiables ?
Depuis 2021, le DPE est opposable, ce qui renforce la responsabilité des diagnostiqueurs. Cependant, la qualité des diagnostics peut varier d’un professionnel à l’autre. Si vous avez un doute sur le DPE ou sur un diagnostic (plomb, amiante), vous pouvez en commanditer un nouveau avant l’achat. Le coût est à votre charge, mais cela peut valoir la peine sur un bien à fort enjeu.
Quels sont les frais à prévoir pour les travaux de rénovation énergétique ?
Les coûts varient énormément selon l’ampleur des travaux. À titre indicatif : isolation des combles (1 500 à 5 000 €), changement des fenêtres (300 à 700 € par fenêtre), pompe à chaleur air/eau (10 000 à 18 000 €), isolation des murs par l’extérieur (150 à 300 €/m²). Des aides existent (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ) qui peuvent couvrir une partie significative de ces coûts. Un courtier en travaux ou un architecte peut vous chiffrer précisément l’enveloppe nécessaire avant l’achat.
Comment détecter une fissure structurelle vs une simple fissure de finition ?
Une fissure de finition (ou fissure capillaire) est fine, superficielle, et n’affecte que l’enduit ou la peinture. Elle est souvent due aux mouvements normaux d’une maison. Une fissure structurelle est plus large (plus d’un millimètre), traversante, ou suit une logique géométrique (escalier, horizontale). Les fissures sur des murs porteurs, dans les angles de fenêtres ou entre deux matériaux différents méritent l’avis d’un structurel. En cas de doute, consultez un expert avant de faire une offre.